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Maintien des usages du site, de la biodiversité
La Rance de même que d'autres estuaires en Bretagne s'envase, ce qui remet en cause sa navigabilité et ses rôles fonctionnels écologiques. Depuis de nombreuses années, COEUR Émeraude est chargé de la coordination du désenvasement en partenariat avec l'ICIRMON (partie fluviale) et EDF (partie maritime).
Un système de fonctionnement sédimentaire artificialisé
Originellement soumis à un gradient longitudinal de salinité jusqu'au port de Dinan, la Rance présente aujourd'hui, deux écosystèmes bien distincts :
La mise en place des clapets sur la barre rocheuse de l'écluse du Châtelier, fait de cet ouvrage un barrage coupant les relations entre la partie maritime et la partie fluviale. Les fonctionnements hydrologique et sédimentologique de ces deux écosystêmes sont donc devenus indépendants, le barrage-écluse du Châtelier jouant le rôle d'obstacle infranchissable.
L'expérimentation dès 1995 d'un piège à sédiments de 10 000 m3 à Lyvet s'est révélée positive et très prometteuse : les matières en suspension apportées à chaque marée, viennent buter contre l'écluse du Châtelier, puis se dirigent dans le piège créé en bordure du chenal.
Les sédiments s'y déposent en masse du fait de la chute des vitesses du courant dans ce secteur plus profond. A chaque cycle de marée le taux de sédimentation est énorme. Cette méthode allie donc le curatif (création du piège) et le préventif (captation des apports excédentaires en suspension).
Le piégeage des sédiments dans les zones soumises à un envasement important constitue une solution respectueuse de l'environnement pour gérer les apports sédimentaires de l'estuaire. En effet cette méthode permet une extraction portant peu atteinte à l'environnement au vu de la surface traitée (curage plus en profondeur qu'en surface).
Le chantier réalisé en 2000/2001 a permis d'extraire 93 000 m3 (voir le bilan environnemental à 5 ans du curage de Lyvet 2000/2011 :
).
Les expérimentations et travaux antérieurs ont montré l'intérêt de ces opérations de gestion raisonnée, en particulier l'efficacité du « piégeage » des sédiments sur un site confiné comme Lyvet. Le curage de ce piège, constitué en 1999/2000, est nécessaire puisque, sa saturation ne le rend plus opérant vis-à-vis des sédiments qui, de nouveau, colmatent le chenal, en particulier durant l'étiage de la Rance.
Etude bathymétrique du piège de Lyvet (2007) :
L'hydro-curage des 60 à 70 000 m³ de sédiments qu'il capture nécessite un complexe de bassins de décantation implantable sur une surface d'environ 6 à 8 hectares. La disponibilité d'une telle surface est rare à l'échelle de l'estuaire et sa proximité avec Lyvet est nécessaire pour optimiser le chantier de curage. Le choix de maîtriser foncièrement le site de décantation a conduit COEUR Emeraude à conventionner, avec la Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural de Bretagne (SAFER Bretagne), la veille du marché foncier et la constitution de réserves foncières, la totalité du financement étant assurée par EDF.
L'ensemble de cette stratégie et un point de situation des actions ont été présentés aux membres de COEUR Emeraude, le 20 Janvier 2010, lors d'une réunion spécifique à Plouër-sur-Rance.
Réunion de janvier 2010
En janvier 2010, les membres de COEUR Emeraude se sont réunis pour faire le point sur la gestion des sédiments dans le bassin maritime de la Rance :
A ce jour, dans le cadre d'une convention avec COEUR-Emeraude et la SAFER, EDF est propriétaire de 17 ha. Ces terrains sont confiés à des exploitants agricoles sous le cadre juridique du bail précaire. Bien qu'éloignée de la zone idéale pour établir le site de décantation (proximité Lyvet), ces surfaces devraient permettre l'organisation d'échanges et le positionnement définitif du site de décantation.
D'ores et déjà, la préparation du document administratif nécessaire à l'obtention de l'autorisation de travaux est lancée. Différentes études elles aussi nécessaires sont déjà disponibles.
La disponibilité d'un site de dépôt à proximité de Lyvet devait permettre au-delà de la prochaine vidange du piège, de renouveler cette opération régulièrement (tous les 3/4 ans) et ainsi de gérer durablement l'environnement de ce secteur.
Les travaux de désenvasement de la partie maritime ont aussi été réalisés à Mordreuc, en 2004.
L'amélioration de la connaissance hydro-sédimentaire du bassin maritime de la Rance se poursuit, à travers :
)Ces études sont nécessaires pour envisager des modes de gestion les plus pertinents et adaptés au bassin maritime et qui concilient la préservation de la biodiversité, le maintien des usages, la qualité de l'eau et des paysages. Au-delà du travail avec les scientifiques, des échanges avec les partenaires ont également lieu et seront développés à l'avenir dans le but de parvenir à des objectifs et à des actions partagés.
L'ensemble de ces opérations s'inscrit dans un objectif général d'une gestion globale et durable du bassin maritime de la Rance.
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