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Coquille St-Jacques

La pêche

La pêcherie de Coquille Saint-Jacques en Rance

L'exploitation de l'usine marémotrice de la Rance a profondément modifié l'ancien estuaire. La création d'une véritable petite mer intérieure a permis à de nouvelles espèces de se développer sur cet espace. Parmi celles-ci, certaines présentent un fort intérêt halieutique. Jusqu'à la fin des années 90, la pêche professionnelle reste peu pratiquée en Rance. Cette situation va nettement évoluer en raison de deux évènements concomitants. Le premier concerne l'apparition, en 1998, d'une pathologie décimant la population d'ormeaux en baie de Saint-Malo. La disparition, à hauteur d'environ 80%, de cette ressource met en péril l'existence des pêcheurs plongeurs dont l'activité s'exerce alors uniquement sur cette espèce.
Parmi les pistes de diversification envisagées, celle reposant sur l'ouverture d'une pêcherie Coquilles Saint-Jacques en Rance retient plus particulièrement l'attention. En effet, la mise en œuvre des actions du volet « assainissement » du Contrat de Baie de Rance (1996 - 2005) se traduit par une amélioration générale de la qualité des eaux du bassin. Ce deuxième évènement permet d'envisager l'exploitation de nouvelles ressources comme les mollusques bivalves filtreurs. De plus, le bassin maritime est classé en tant qu'estuaire. De ce fait, la pratique des arts trainants (drague, chalut) y est interdite. En raison de ce statut, il n'existe donc pas de conflit d'espace avec les autres métiers de la pêche.

pêche coquille Rance

Le Comité Local des Pêches Maritimes et des Elevages Marins de Saint-Malo engage en 1999 la procédure de création de licences de pêche en plongée sur 2 ressources (Coquilles Saint-Jacques et Praires) sur le secteur 35 de la Rance maritime. Cette démarche est acceptée à travers une délibération du Comité Régional des Pêches Maritimes de Bretagne et aboutit, par arrêté préfectoral du 24 août 2000, à la création de 3 licences. En parallèle, le gisement de coquilles Saint-Jacques et de praires sur le littoral 35 de la Rance fait l'objet d'un classement administratif. Cette procédure est complétée par une évaluation du stock réalisée par l'IFREMER. Enfin, le secteur nord du bassin maritime fait l'objet d'un classement sanitaire.

La première campagne de pêche se déroule fin 2000/début 2001 selon des modalités strictes définies par la profession. Chaque bateau se voit attribuer un quota annuel de 6 tonnes de coquilles avec une prise maximale de 100 kg par jour et par plongeur. La pêche est interdite les samedi, dimanche et jours fériés au sein de la période d'ouverture nationale (1er octobre au 14 mai). Enfin, la pêche est autorisée entre 8h00 et 16h00 avec un point de débarquement unique des captures : la cale de la Passagère située sur la commune de Saint-Malo.

semis coquille 3 cm

Depuis cette date, le gisement fait l'objet d'une exploitation annuelle par les trois bateaux titulaires de cette licence. Ces professionnels participent financièrement au programme « PROCOQ » initié par le Comité Local de Saint-Malo en 1997 et visant, à travers le semis de juvéniles de coquilles, à assurer une gestion durable de cette ressource. De ce fait, 50 000 coquilles de 3 cm sont dispersées en Rance tous les ans, ce qui correspond à terme à un potentiel exploitable de 7 à 10 tonnes.

La pêche des praires s'étant avérée difficile à pratiquer en plongée et la population d'ormeaux restant très fragile, les pêcheurs ont demandé et obtenu en 2006 un élargissement de la licence à la population d'huître plate sauvage. Le quota annuel de 6 tonnes attribué à chaque bateau permet d'améliorer la santé financière de ces armements.

En 2009, le Comité Local des Pêches de Saint-Brieuc a initié, pour le secteur costarmoricain de la Rance, une démarche analogue. Elle s'est traduite par la création de 2 licences identiques à celles attribuées par Saint-Malo avec des modalités d'exploitation similaires. La seule différence notable porte sur le point de débarquement qui est située à la cale de Jouvente (commune de Pleurtuit).

graphique taille CSJ



Dans le cadre de ses missions, l'association COEUR Emeraude apporte un appui aux pêcheurs professionnels avec pour objectif le maintien de cette pêche sélective et raisonnée. Cet appui se traduit par la réalisation de plusieurs campagnes de mesures de la taille des prises pour chaque saison. L'analyse des résultats obtenus fournit des informations quant à l'état du stock exploitable et permet de faire des propositions de gestion à la profession.











support de ponte

La Margate

La pêche au casier de la seiche (ou margate) reste une activité traditionnelle dans le bassin maritime de la Rance. Elle se pratique essentiellement au printemps lorsque les adultes reviennent à la côte pour la période de reproduction. Les grappes d'œufs pondus par les femelles sont fixées sur différents supports présents sur les fonds dont les casiers. En cours de saison, les pêcheurs éliminent des engins de pêche ces pontes qui vont alors s'échouer en haut de grève.

Afin de favoriser l'efficience de la reproduction de ce mollusque, une opération visant à immerger des supports de ponte a été initiée par COEUR Emeraude en 2007. Menée en partenariat étroit avec la DDTM 35 (Direction Départementale des Territoires et de la Mer d'Ille-et-Vilaine) et les associations de pêcheurs plaisanciers, elle repose sur l'immersion de vieux casiers rendus non pêchant et sur lesquels des bouts flottants sont noués afin de collecter les pontes des margates.
Ce dispositif, dont l'efficacité est avérée, est maintenu sur site jusqu'à l'éclosion des œufs. Il doit permettre une meilleure gestion de la ressource tant des seiches que des autres espèces utilisant ces supports (calmar, par exemple).

Margates en Rance maritime - vidéo réalisée en 2010 par Alain CABIOCH.


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